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Un blog où je vous fais partager mes chroniques littéraires, mes coups de coeur, j'essaie de mettre en lumière des romans, des livres qui semblent dans l'ombre. Je suis une amoureuse des mots assemblés, de ces personnages de romans que l'on croise, que l'on rencontre dans nos vies.Tous ces mots qui nous enveloppent sans cesse et que l'on n'ose pas dire, qu'on n' arrive pas à écrire, qu'on garde au fond de nous comme des larmes et qu'on retrouve dans les livres. Une page pour partager l'art littéraire, parce que l'art c'est ce qui nous fait respirer et qui nous sauve de tout.

06 Jul

Les corps célestes de Nicolas Bréhal

Publié par Sansfin

Les corps célestes de Nicolas Bréhal

Le roman "les corps célestes" de Nicolas Bréhal nous transporte comme dans un rêve. On est en admiration face à ces deux personnages Baptiste et Vincent qui lient une amitié forte et spirituelle depuis le collège. Baptiste sera le témoin de l'amour que porte Vincent à Mathilde et de l'attirance qu'il a pour Constance. On survole les années de complicité et d'absence où les souvenirs reviennent inlassablement marquer leurs voix. Deux êtres épris par la même illumination de l'esprit où ils cherchent à exister dans la couleur et la résonance du ciel, l'odeur des saisons, dans la sève des arbres qui constituent nos vies. Une relation rare qui a su ne pas perdre l'équilibre même dans l'absence. Ils jouent comme dans une pièce de théâtre à tour de rôle il y a celui qui parle et celui qui écoute mais l'harmonie est tellement forte qu'il y a comme une ambiguïté qui plane. Baptiste cherchait au travers de Vincent une forme de boussole pour attiser le désir et la vie au-delà des contrées mystiques qui réinventent ensemble. Nicolas Bréhal a le don de nous mettre les sens en éveil, les pensées fusent au fil des pages comme des sillages qui ne cessent de se croiser. Un roman métaphysique et philosophique sur l'amour, l'existence qui répond à nos questions. On se délecte de ce bijou littéraire comme on photographie l'infini. À lire absolument

 

 

Extraits du roman :

 

"Je pensais que j'aurais désiré être Vincent, dans une autre vie. Trouver le parfait équilibre entre l'âme et le corps. Entre l'idée et le plaisir. Parfois, je me réveillais, le matin, conscient que j'ai rêvé de lui. De mes rêves, je gardais de vagues souvenirs... Des impressions de joie ou de douleur. Je les censurais librement pour éviter toute mémoire nécessaire. Vincent ne me fascinait pas.C'eût été trop simple ! Être facsiné , c'est être sous le charme. Or , il ne me charmait pas. Il m'occupait. L'esprit, la tête. Comme une force secrète qui me faisait vivre des expériences ignorées. Je considérais Vincent comme un double de moi-même que je n'étais pas. Sans doute, oui, l'aimais-je!J'aimais le regarder, l'imaginer, un peu à la façon dont je pouvais m'évader de mon propre corps. En me noyant dans le ciel, par exemple. "

 

 

" C'était la première fois de mon existence qu'un individu m'inspirait un dévouement ! Théoriquement, s'il avait fallu, j'aurais sauvé Vincent de la noyade. Pratiquement j'aurais sacrifié, sans hésité, mon égoïsme pour apaiser une de ses souffrances. Je me disais que, dans la vie, seule la mort suscite vraiment l'amour, quel qu'en fût le cliché ! On aime celui ou celle qui vous soutient à enterrer quelqu'un. On aime celui ou celle qui vous aide à ce ce que la mort ne soit plus un obstacle mais une transparence."

 

 

" Ne plus jamais revoir Vincent me paraissait une idée insupportable, mais une expérience unique, enviable. Souveraine entre toutes. Je devinais qu'elle ne me serait jamais donnée. Donc, la vie ne nous séparerait pas ! Si la vie était un roman , Vincent resterait mon héros. L'avenir était encore à nous : ainsi s'imposait la décision suprême du destin. Un jour, Vincent me répondrait peut-être que le destin demeurait l'unique vérité qui fût infaillible. Dès lors, je sentis que ce train volait plus bas que terre. Je ne devrais pas m'inquiéter. Quoi qu'il arrive, où qu'il m'emmène, je devrais croire au retour éternel."

 

" La solitude de ma vie pesait aussi lourd qu'une valise pleine de livres, de brouillons et de partitions inachevées. Je goûtais peu aux métaphores, mais enfin je n'écrivais plus ! Vincent m'avait trahi une fois en voyageant sans moi . J 'avais trahi ma promesse en cessant de consigner mes émotions. Si je l'avais voulu , qu'aurais-je donc écrit ? Désormais mes émotions étaient toutes théoriques , c'est-à-dire sans aucune vitalité, inavouables."

 

" Pourquoi cette dérive vers des amants qui ne réussissaient jamais à prendre la place de Vincent ? Mathilde se sentait obscurément jalouse. Elle jalousait l'intelligence de Vincent, sa beauté, le monde des livres et des idées où il vivait ; elle jalousait son enfance et son passé, ses secrets et ses mystères : en somme , tout ce qu'elle aimait rageusement en lui ! Comment peut-on jalouser chez un être ce qui provoque justement l'amour qu'on lui porte ? "

 

" Quand je suis avec Constance, je me sens parfaitement libre. C'est un comportement qui ne peut avoir aucune conséquence ne devenir. Là réside le danger d'une telle liaison. Elle n'engage que l'instant, chaque fois. Mais tout moment que nous passons ensemble me dévore à jamais. Constance est la première femme qui me donne le goût du ciel. "

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