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Un blog où je vous fais partager mes chroniques littéraires, mes coups de coeur, j'essaie de mettre en lumière des romans, des livres qui semblent dans l'ombre. Je suis une amoureuse des mots assemblés, de ces personnages de romans que l'on croise, que l'on rencontre dans nos vies.Tous ces mots qui nous enveloppent sans cesse et que l'on n'ose pas dire, qu'on n' arrive pas à écrire, qu'on garde au fond de nous comme des larmes et qu'on retrouve dans les livres. Une page pour partager l'art littéraire, parce que l'art c'est ce qui nous fait respirer et qui nous sauve de tout.

29 Mar

Le coeur régulier d'Olivier Adam

Publié par Sansfin

Le coeur régulier d'Olivier Adam

Dans le cœur régulier d'Olivier Adam, il y a toutes ces pensées qui n'ont jamais été entendu au moment où il aurait fallu. Ce sont des regrets qui se cognent à toutes ces questions qui restent suspendues au vide. Sarah a choisi la cavale pour comprendre les vraies raisons de la mort de son frère Nathan. Il était son double, ils arrivaient à se parler sans se voir, ils se cherchaient dans leurs ombres. Et quand ils se retrouvaient, c'était beau, il y avait cette forte complicité et leurs engueulades qui donnaient de la constance à leur amour. Un frère écorché vif, attachant, acéré, volubile, il pouvait s'évaporer dans une bulle de fumée. Quand elle arrive au Japon, elle rencontre des gens qui ont rencontré Nathan mais au début c'est comme si elle traversait une rue seule en pleine nuit. C'est une douleur insaisissable, indigeste, inconsolable. Il y a la disparition tragique de Nathan qui va faire écho aux blessures de Sarah qui s'y étaient accoutumés pour mieux les enfouir. Elle va essayer de trouver la paix grâce à la rencontre de gens meurtris par la mort ou par l'absence qui savent donner sans presque rien dire. Ils se jettent dans un élan spirituel où chacun cherche à accepter sa souffrance en lui pour se retrouver dans une tristesse épanouie. L'écriture de l'auteur est toujours aussi bouleversante, les mots nous écorchent de frissons, on ressent les émotions, tout est à fleur de peau. Un livre lumineux. Du très grand Olivier Adam.

L'adaptation cinématographique de Vanja Alcantara est sublime . Lisez le roman et foncez voir le film avec la merveilleuse Isabelle Carré.

 

 

Extraits du roman :

 

 

" Dans ces moments, je sentais combien j'étais apte à la dérive, je voyais se matérialiser sous mes yeux le réseau serré de fils que j'avais tissé pour me tenir à la surface, la succession de tâches professionnelles, sociales, amoureuses, domestiques qui me donnaient une contenance , un emploi , oui je voyais clairement l'ampleur de la construction , la grossièreté de l'artifice , la part de comédie. "

 

"J'ai l'impression qu'avant même que le téléphone sonne et que me parvienne la voix brisée de Clara, ma petite sœur, quelque chose en moi c'était effondré. Des digues, un rempart. La journée qui avait précédé avait des allures de cauchemar . Tout ressemblait à une mascarade grotesque mais je crois que j'étais la seule à m'en rendre compte. Je regardais les autres effarée , j'avais envie de hurler , de me débattre , de cogner à leur front comme on cogne à une vitre . « Non , mais vous ne me voyez pas ? Vous faîtes semblant . Que vous n'êtes pas assez cons pour croire à tout ce blabla. » J'étais plongée dans un de ces rêves atroces où l'on est seul à se débattre dans un monde absurde , où personne ne comprend les mots que l'on prononce, ni n'a l'air de savoir qui l'on est et de quoi on parle. Avant même que ma sœur ne m'annonce sa mort, dans ce complexe hôtelier du Morbihan, Nathan amorçait sa remontée à la surface. J'avais beau l'étouffer, le forcer à se tapir, il remontait. Il préparait son retour. "

 

 

" La vérité c'est qu'au moment de l'appel j'étais si obsédée par moi-même , par ma culpabilité , qui m'avait sauté à la gorge et y avait planté ses crocs, que je n'avais pas compris qu'il était mort . C'était si étrange , inexplicable . Je n'avais pas compris. Pas réalisé . Pourtant je m'y attendais . Il y avait si longtemps que ça me réveillait la nuit . Si longtemps que je m'en tenais pour responsable. Je n'avais pas été là pour lui. Pas assez en tout cas . Et ces derniers mois moins que jamais. "

 

"Je vivais la vie d'une autre , que tout ça ce n'était pas moi , que je m'étais perdue et que lui seul me distinguait encore derrière la maquillage , le costume et la parade. Bien sûr il ne le disait pas comme ça , et jamais de façon claire , mais ça crevait les yeux. J'ai chassé Nathan de mon esprit , il avait sûrement raison mais c'était si facile, il était si facile de juger sans jamais rien bâtir , sans jamais rien tenter , si facile de demeurer en lisière , de se tenir en retrait , il était si facile d'avoir les mains propres quand on les gardait dans ses poches. "

 

" C'était chaotique, passionnel , assez violent, mais c'était fort et ça lui allait, elle n'avait aucun goût pour la tiédeur, la mesure, elle voulait les gouffres et le vertige, les engueulades à trois heures du mat et les réveils lovés dans les bras l'un de l'autre. Il travaillait d'arrache-pied, parlait tout le temps du Japon, disait qu'il avait trouvé là-bas son vrai chez-lui, sa terre promise. "

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